2. Ma vue se trouble, ma conscience flanche. C’est impossible, ce n’est pas moi.

Je lis et relis le message délivré
Par l’inconnue nocturne insaisissable
Qui me rappelle d’un ton navré
Mon identité véritable

Impossible, impossible, impossible
Je peux répéter ce mot jusqu’à l’usure
Il ne me sauvera pas du lien terrible
Qui m’unit à mon accueillante masure

Ma maison que les fougères envahissent
Les murs qui palpitent à l’unisson de mon cœur
Le toit où la fine pluie d’avril glisse
Est animée de siècles, d’éons de rancœur

La déesse tutélaire de ces bois magiques
Que je croyais disparue dans les volutes des années
Mourut un jour dans des circonstances tragiques
Et son corps resta là, à pourrir derrière les fourrés

Ce que j’apprends là de sa dernière heure
Me laisse dans la bouche un goût de bile amère
Ce que j’appelle aujourd’hui ma demeure
N’est autre que le cadavre de ma mère

Et l’unique raison de son infortune
N’est ni la disgrâce de celle qu’on honorait
Ni un conflit, une défaite inopportune
Non — j’ai tué ma mère, la déesse de la forêt.

Mes doigts engourdis lâchent le papier
Qui s’envole en poussière avant de toucher le sol
Je sursaute lorsqu’une racine me frôle le pied
Devrais-je me racheter ? Ou m’enfuir, sorcière perdue et folle ?



Texte gravé sur la roche d’une source perdue, traduit depuis la langue ancienne :

Débute ton voyage vers moi, comme toute incantation, par l’apostrophe déférente la plus humble.
Puis viendra l’initiation : un sentier à fouler, des traces imperceptibles à suivre, jusqu’au cœur de mon domaine.
Alors résonnera le chant sacré immémoriel qui célèbre ma gloire d’antan. Joins-toi au chœur des fantômes de mes prêtresses.
Tu ne trouveras dans mon culte aucun de ces êtres grossiers et oppresseurs qui s’imaginent au centre d’un monde dont ils sont pourtant incapables de concevoir l’immensité. Tu les renieras et les banniras de ta vie.
Enfin, pour terminer ton ascension vers moi et devenir ma toute dévouée, je te demanderai un sacrifice. Pour assurer à ton âme mon soutien éternel, abandonne-moi un morceau de l’armature qui soutient ton corps terrestre.

Ainsi tu trouveras, derrière mon temple, le lieu de toutes les richesses que j’offre à la terre.


💫 Solution ici 💫


Solène