Je
lis et relis le message délivré
Par l’inconnue nocturne
insaisissable
Qui me rappelle d’un ton navré
Mon identité
véritable
Impossible, impossible, impossible
Je peux
répéter ce mot jusqu’à l’usure
Il ne me sauvera pas du lien
terrible
Qui m’unit à mon accueillante masure
Ma maison
que les fougères envahissent
Les murs qui palpitent à l’unisson
de mon cœur
Le toit où la fine pluie d’avril glisse
Est
animée de siècles, d’éons de rancœur
La déesse
tutélaire de ces bois magiques
Que je croyais disparue dans les
volutes des années
Mourut un jour dans des circonstances
tragiques
Et son corps resta là, à pourrir derrière les
fourrés
Ce que j’apprends là de sa dernière heure
Me
laisse dans la bouche un goût de bile amère
Ce que j’appelle
aujourd’hui ma demeure
N’est autre que le cadavre de ma
mère
Et l’unique raison de son infortune
N’est ni la
disgrâce de celle qu’on honorait
Ni un conflit, une défaite
inopportune
Non — j’ai tué ma mère, la déesse de la
forêt.
Mes doigts engourdis lâchent le papier
Qui
s’envole en poussière avant de toucher le sol
Je sursaute
lorsqu’une racine me frôle le pied
Devrais-je me racheter ?
Ou m’enfuir, sorcière perdue et folle ?


Texte
gravé sur la roche d’une source perdue, traduit depuis la langue
ancienne :
Débute ton voyage vers moi, comme toute
incantation, par l’apostrophe déférente la plus humble.
Puis
viendra l’initiation : un sentier à fouler, des traces
imperceptibles à suivre, jusqu’au cœur de mon domaine.
Alors
résonnera le chant sacré immémoriel qui célèbre ma gloire
d’antan. Joins-toi au chœur des fantômes de mes prêtresses.
Tu
ne trouveras dans mon culte aucun de ces êtres grossiers et
oppresseurs qui s’imaginent au centre d’un monde dont ils sont
pourtant incapables de concevoir l’immensité. Tu les renieras et
les banniras de ta vie.
Enfin, pour terminer ton ascension vers
moi et devenir ma toute dévouée, je te demanderai un sacrifice.
Pour assurer à ton âme mon soutien éternel, abandonne-moi un
morceau de l’armature qui soutient ton corps terrestre.
Ainsi
tu trouveras, derrière mon temple, le lieu de toutes les richesses
que j’offre à la terre.
💫 Solution ici 💫
Solène