Que m'a-t-il accordé?
Et pour me préserver de quoi?
J'ai si peur
Le noir est ma demeure
Comme l'absence
Une stase qui me préserve
Plus jamais !
Cette phrase m'envahit
Je ne veux plus ressentir
La peur, la colère, la rage
Vivre m'est insupportable
M'extraire était mon salut
Rendre l'oubli
Rendre la brume
Me laisser toucher à nouveau
Fleurir aux émotions
Ou flétrir de vivre
Ici bas tout me brûle
Ici bas tout m'obsède
Ici bas tout m'abime
A cette évocation, mon corps se tend
Mon cœur bat le refus
Pourra-t-il y survivre?
Ai-je le choix?
Des doigts, je caresse la cape
Douceur brodée d'herbe d'or
Du monde tu m'as extraite
Et de la réalité préservée
Me résoudre à ta perte
Pleurer ton enveloppe d'abîme
Je m'y résous
Au lever du soleil
Je serais nue
Nue de toi
A jamais fragile
Le chagrin rongeait mes songes
Et coulait de mes yeux
Il emportera la cape avec lui
Au petit matin, elle ne sera plus
Ses forces se rassemblaient
Sa fragilité se muant en courage
A mesure qu'elle se relevait
Se révèlait une nouvelle ère

Aurélie