1. La voix continue : « Tu as jusqu’au lever du soleil. » puis elle s’éclipse dans un bruissement de feuilles d’automne.


Que m'a-t-il accordé?

Et pour me préserver de quoi?

J'ai si peur

Le noir est ma demeure

Comme l'absence

Une stase qui me préserve

Plus jamais !

Cette phrase m'envahit

Je ne veux plus ressentir

La peur, la colère, la rage

Vivre m'est insupportable 

M'extraire était mon salut

Rendre l'oubli 

Rendre la brume

Me laisser toucher à nouveau

Fleurir aux émotions 

Ou flétrir de vivre

Ici bas tout me brûle

Ici bas tout m'obsède 

Ici bas tout m'abime

A cette évocation, mon corps se tend

Mon cœur bat le refus

Pourra-t-il y survivre?

Ai-je le choix?

Des doigts, je caresse la cape

Douceur brodée d'herbe d'or

Du monde tu m'as extraite

Et de la réalité préservée 

Me résoudre à ta perte

Pleurer ton enveloppe d'abîme 

Je m'y résous

Au lever du soleil

Je serais nue

Nue de toi 

A jamais fragile

Le chagrin rongeait mes songes

Et coulait de mes yeux

Il emportera la cape avec lui

Au petit matin, elle ne sera plus



Appel à ramifications :

Ses forces se rassemblaient

Sa fragilité se muant en courage 

A mesure qu'elle se relevait

Se révèlait une nouvelle ère




Aurélie